Perception visuelle: chez les abeilles l'arbre ne cache pas la forêt

Les travaux d'Aurore Avarguès-Weber et de Martin Giurfa du Centre de recherches sur la cognition animale (CNRS/Université Toulouse III - Paul Sabatier) montrent que, contrairement à la plupart des animaux étudiés, les abeilles préfèrent compter sur la forme générale. Tout comme les humains, elles utilisent en priorité l'image globale. Cette étude a été publiée le 3 décembre dans Proceedings of the Royal Society Biological Sciences. Aurore Avarguès-Weber, premier auteur de l'article, va recevoir une des bourses françaises L'Oréal - UNESCO pour les Femmes et la science pour l'ensemble de ses travaux sur la cognition chez les abeilles.

La perception visuelle a été étudiée en profondeur chez l'Homme et chez divers animaux, notamment des primates, afin de déterminer comment la vision permet de traiter et d'appréhender les images du monde qui nous entoure. Jusqu'à présent, les études indiquaient une différence profonde entre l'Homme et l'animal dans la façon de traiter des images : alors que l'Homme priorise une perception visuelle globale avant les détails, ce qui lui permettrait une reconnaissance plus rapide et efficace des objets, les animaux étudiés suivent en général la stratégie opposée : le détail passe avant la perception globale.

L'abeille dépend fortement de la vision pour naviguer efficacement dans son environnement et pour repérer et reconnaitre aussi bien les fleurs exploitées que sa ruche et ses alentours. Il était donc logique de s'intéresser à la perception visuelle de ce petit insecte. Cette étude, réalisée en collaboration avec des chercheurs australiens, met en évidence une exception à la différence homme/animal généralement observée. Les résultats obtenus montrent que, lorsqu'elles doivent choisir entre utiliser les détails ou la forme globale d'une image pour reconnaître une source de nourriture, les abeilles préfèrent se servir de la forme globale.

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Référence
The forest or the trees: preference for global over local image processing is reversed by prior experience in honeybees ; Aurore Avarguès-Weber, Adrian G. Dyer, Noha Ferrah and Martin Giurfa ; Proc. R. Soc. B ; 3 décembre 2014.
http://dx.doi.org/10.1098/rspb.2014.2384

Contact chercheur
Aurore Avarguès-Weber
05 61 55 84 44